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jeudi, 16 août 2007
Black day !
J'ai découvert il y a 2 ans un jeu que je croyais réservé aux seuls voyous, mafiosi et autres bandits de saloons, mais que ce goût légitime du plus grand nombre pour les fins de mois arrondies et les lendemains qui chantent a depuis quelques temps démocratisé.
Tout a commencé un vendredi soir passé à zapper dans le canapé. Autour d'une table, 4 hommes et une femme. Leur particularité : tous sont aveugles. C'est du moins ce que j'ai cru au début puisqu'ils portaient chacun de grosses lunettes noires, comptaient leurs monnaie rien qu'en la soupesant et avaient, avant chaque nouvelle donne, ce fameux rictus d'autosatisfaction si caractéristique qui consiste, le sourire béat, à se détendre les cervicales par de larges rotation de la tête et des épaules.
Il n'aurait d'ailleurs plus manqué qu'ils se mettent à chanter…
Au commentaire, notre meilleur représentant, ou tout du moins le plus célèbre : l'acteur Patrick Bruel. Je ne vous parle évidemment pas du chanteur, car comprenez que pour briller à ce jeu, un don pour la comédie est de loin préférable à des qualités d'interprétation de quelque chanson à texte que ce soit. Voire même de chansons tout court dans ce présent cas.
Et ce qui est bien avec Patrick, c'est qu'il connaît tout le monde, à joué contre tout le monde, a battu tout le monde et connaît la psychologie de tout le monde.
Parce que ne vous y méprenez pas, ce jeu n'est pas un simple jeu de hasard. La réflexion, la stratégie, le bluff, les statistiques et la psychologie y ont un rôle essentiel dès qu'il s'agit de relancer ou de se coucher. Un peu comme dans la vie, en fait…
Ceci fut d'ailleurs une révélation pour moi. Comment imaginer que ce petit homme en débardeur noir sur la droite de la table, un tatouage de tigre sur le biceps droit, un autre de corsaire sur le gauche, soit en réalité un statisticien hors pair? Et cette espèce de baraque bedonnante, cheveux longs et barbe taillée voici sans doute plus de vingt ans? Comment suspecter un seul instant qu'il puisse posséder la sensibilité d'un docteur en pathophysiologie qui se serait spécialisé dans l'étude de la paranoïa et de la frustration chez le joueur de carte? Que dire enfin de cette jeune et sculpturale femme rousse qu'aucun homme à cette table n'aurait eu, je présume, la présence d'esprit et la convenance de regarder…dans les yeux…
Check!
Fin de partie. Quel suspense, quelle tension !
Et qu'aurais-je pensé si j'avais su pourquoi l'un des joueurs avait réussi à empocher la mise avec un 3 alors que son voisin possédait une paire d'as? Ou pourquoi sur les cinq à table, deux seuls semblaient vouloir régulièrement s'affronter, laissant alors les autres sur le carreau. Ah, ah, ah….sur le carreau !!!
Car oui, il faut bien l'avouer, le spectacle en vaut réellement la chandelle, dès l'instant où notre vocabulaire s'est enrichi des quelques mots et expressions essentielles suivantes : blind, surblind, quinte flush, check, flop et pre-flop, river, small bet et big bet, showdown, etc.
Fin de partie, disais-je…mais pas fin du show.
L'émission se poursuit avec un reportage sur les tribulations de Patrick à Las Végas pour une épreuve du championnat du monde. Ou peut-être simplement des qualifications, d'ailleurs, non?
Patrick sort de l'hôtel, Patrick est prêt, Patrick a faim de victoire, Patrick s'installe à la table. C'est la première journée et plus de 200 concurrents sont en lice, mais Patrick n'a pas peur, il est déjà dans sa partie et les lunettes noires sont de sortie.
La partie démarre et Patrick impressionne déjà, en grand amateur de tennis qu'il est, par sa vista et son sens tactique. Et puis, et puis, …
Et puis le temps passe, la chance aussi et ce soir, elle ne reviendra pas. Il est minuit et demi.
Black Day. Le parcours de Patrick s'achève ici. Un jour sans. Assurément.
"Ben voilà, j'ai crû qu'il bluffait et en fait…, ben oui, y bluffait, mais pas comme je pensais. J'ai rien vu v'nir, j'aurais dû m'coucher, j'l'ai pas fait…black day…"
Arrive alors le fameux jour où deux de mes amis (dont le co-rédacteur de ce blog) débarquent un WE à la maison avec une mallette pleine de jetons, prêts à infliger une déculottée au novice que j'étais. Quelques Mojitos, quelques bières trappistes et un magnum de Médoc plus tard, j'empochais la coquette somme de 17 euros cinquante et envoyais tout ce beau monde se coucher…
Alors chance du débutant ou réel talent? Nul ne l'a vraiment su. Ce fut en tout cas ma première et toute dernière expérience. Courageux mais pas téméraire, j'ai sagement choisi de rester sur le goût de cette victoire totale. Pour savourer…
En ce moment, le vendredi soir sur Canal, plus de poker mais de la corrida. La féria après les tournois. Les passes après les tours de passe-passe. Une autre façon, très certainement, de concevoir la mise à mort et la victoire.
Mais tout ceci, n'est-ce pas une autre histoire?…
TB
Une preuve que je n'ai rien inventé?
Visionnez sans tarder cette vidéo de Patrick aux Guignols.
14:45 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poker, bruel, jeu



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